Les Divaguements de Yumisurlalune

Les excursions pseudo-artistiques et autre narcissiques productions matérielles de Yumi

08 septembre 2008

EXTRAITS DE CARNET, qui datent. Je Ne Suis Plus Triste.

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C'était une journée étrange aujourd'hui, surtout maintenant que je me réveilles, comme si la journée avait été un rêve, pas vraiment réelle.

(...)

 

Depuis que je suis revenue d'I. et jusqu'à il y a quelques jours, M. était tout le temps avec moi. Cette vie on la menait à deux, elle l'appelait « vacances », « repos », et on dormait à deux. Alors finalement, ça paraissait moins absurde ensemble, on parlait parfois, ce n'était qu'une semi solitude. Mais depuis qu'elle est repartie, je me suis sentie de retour à la Grande Solitude, comme qui dirait. Celle où tu cherches de la compagnie, alors tu égraines la liste des tes amis comme on égraine un chapelet, et à chaque fois la fin ne te laisse sans rien. Tous ont filés entre tes doigts, alors tu restes seule.

 

(...)

Cela faisait longtemps, selon mes standards et la situation, que je n'avais pas pleuré. C'est sûrement parce que j'étais avec M. Lorsque tu n'es pas vraiment seul, c'est plus facile de te détourner de toi même. Comme un miroir dont on verrait le reflet que si on est seul dans la salle.

Cela m'étonnait, bien sûr, d'avoir l'air aussi calme, presque blasée, en tout cas pas écorchée. Je supposes que c'est ce qui a fait que j'ai pleuré à la conduite. Trop accumulé de sanglots? Ça déborde ce genre de choses. Un peu comme un réservoir dans une dimension parallèle. Lorsque tu n'as pas assez consulté le miroir (vers l'autre dimension, vous suivez?), le réservoir déborde comme une cuvette de chiottes qui se remplit, et dès qu'une petite occasion se présente ( des petits cailloux sur le reflet) Vlam!, les larmes arrivent jusque dans ta dimension, à travers le miroir. C'est comme ça que tu te retrouves à chialer au volant, avec une mono super gentille à côté qui essaye de te rassurer, mais non, c 'est normal d'être stressée, ne t'inquiètes pas, et cela faisait longtemps que tu n'avais pas conduit, ce n'est pas un exam! Et ta Maman, toute bouleversée et surprise qui farfouille dans son sac et te tends des mouchoirs. Après, les deux heures de théorie, dans un salle pleine de couple parent-enfant, et le mono beau gosse qui s'inquiète (« C'est la conduite? ») , et toi qui continue à chouiner par intermittences, qui te tourne sur ta chaise pour chercher un mouchoir, pour cacher que tu pleures alors que tout le monde le sait; oui, c'est assez pénible. Quelle honte, voilà, de retour à la case ado, lorsque tu pleures au volant, tout le monde croit que c'est parce que tu es nerveuse, et sensible, et que tu as peur en voiture lorsque c'est toi au commande, et le regard de l'autre... D'ailleurs, si toi on te demandes, et dans la supposition que tu arrives à répondre sans sortir un baragouin tout mâchouillé, tout trempé tout hoquetant, et bien, voilà, tu ne saurais pas quoi pointer du doigt d'autre. Ou alors tu pointerais tout, tu ferais une rétrospective d'au moins les derniers jours, les semaines les mois les années, tu accuserais tu pleurerais tu regretteras beaucoup, le miroir fendu en deux, ouvert sur ton monde parallèle. Ce ne serait pas beau à voir, ce serait absurde grotesque, exagéré. Alors tu parles aussi peu que possible, tu inspire et tu souffles avant de devoir parler à voix haute. Et tu gardes l'étiquette de l'ado à la conduite fragile. Bizarrement, elle est plus facile à porter.

 

L'humeur d'après ça est toujours très borderline. Une petite réponse à donner (car forcément ensuite il y a toujours des questions, dîtes à vois basse sur le bout des lèvres, comme on s'approche sur la pointe des pieds les oreilles rabattues) , et oula, le menton tremble les yeux s'embut. Alors tu réponds vite, très vite, et la personne en face plisse le front, tous pleins de rides, ceux du souci, de l'incompréhension, de l'inquiétude. Et toi tu t'en veux, alors tu te caches encore derrière ton miroir. Jusqu'à que le reflet se stabilise, et toi aussi. Reprend toi, repasse les plis de tes vêtements, redresse toi remonte ta tente. Et souris. Tu sais bien que ce n'est rien.

Ça ne m'a pas aidé à remonter ma tente, justement, d'avoir appeler G. pour avoir de ses nouvelles, et de ses amis et famille. Ça me tue qu'il est la voix qui tremble bien et que moi aussi. (...) Moi, je n'essaye de pas le penser à voix haute, mais je me dis que c'est de ma faute. Il suffirait que je l'encercle de mes bras, que je le berce sur mon sein, que je l'endorme dans mon lit. Il serait heureux, il m'aime. Alors bien que toute ma raison me dise que j'ai fait ce qu'il fallait, finalement je n'avais même pas le choix, j'ai mal à lui, comme à une extension de mon corps que j'aurais lésée, j'ouvre la faille du miroir je me réfugie dedans et je me lance tous pleins de minuscules poignards, comme une couverture.

Voilà, à 11h ce soir, hier soir, je ne pouvais pas sortir dehors, je restais perchée accroupie comme un corbeau sur sa branche et j'attendais et je désespérais, tournant en rond dans mes pensées vides. C'est comme ça que je me suis effondrée sur le canapé, et que j'ai dormi.   

"



Ne vous inquietez pas. Je poste ça aujourd'hui parce que ça peut être interessant, mais je ne suis plus triste actuellement.

Je vais emménager avec des supers colocs. Il fait presque beau. Et pis jsuis heureuse parce que que j'ai envie de l'être d'abord. En plus c'est le ramadan alors y'a des monticules de patisseries arabes qui s'accumulent derrière les vitrines des kebabs.


Posté par yumisurlalune à 01:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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